Écrit par Cécile Auguste, rédaction de newzy le 01-09-2009
La grippe A est là. Mais faut-il en avoir peur ? Cache-t-elle la crise ? Les
pouvoirs publics nous manipulent-ils ? Michela Marzano, philosophe et chercheuse au CNRS, décrypte le battage médiatique autour du virus H1N1.
La peur de la grippe A gagne du terrain. Le gouvernement nous a averti tout
l’été des dangers du virus. H1N1 : même son nom est terrifiant ! Le jeudi 11
juin 2009, la phase 6 d’alerte à la pandémie a été activée par l’Organisation
mondiale de la santé (OMS). Même les titres de presse donnent l’impression que la fin du monde approche : « le virus H1N1 voyage à une vitesse incroyable « , « la grippe A est devenue le virus dominant dans le monde « , « 35% de la population touchée et 30 000 morts cet hiver en France « . Tout a été fait pour qu’en cette rentrée, la population soit complètement flippée. Opération de communication réussit, « Super-virus » est dans tous les esprits. Il n’y a qu’à observer les réactions dans le métro dès que l’un des usagers se met à éternuer.
Et la crise dans tout ça ? On en oublierait presque les plans sociaux et le taux
de chômage qui a atteint 9,5 % au deuxième trimestre selon les chiffres de
l’Insee. Un sujet en remplace donc un autre. L’Etat dit agir par principe de
précaution. Pour la chercheuse du CNRS, il s’agit « d’un moyen de détourner
l’attention vis à vis d’un autre danger : la question de la crise. Il y a un
battage médiatique et politique autour de cette peur pour donner un message sécuritaire ».
Faute de leur trouver du travail, l’Etat donne l’impression de s’occuper de la
santé des citoyens. « Un certain nombre de mesures ont été prises. Des vaccins sont prêts pour tout le monde », rapporte Michela Marzano. Selon elle, « c’est une façon de montrer que même dans une période de crise, le gouvernement est prêt à faire quelque chose pour les gens, qu’il les contrôle. » Mais l’instrumentalisation de cette peur a un prix. D’après les Echos du 10 juillet dernier, la facture des vaccins a atteint les 880 millions d’euros alors que l’on ne connaît pas encore la dangerosité du virus.
Alors grippe A : en fait-on trop ou trop peu ? Une chose est sûre, le chômage
lui résistera au virus !




